Sauvez les gros feignant

Virginex et Markix ont rendez-vous pour leur 9ème echographie.

Le docteur les accueille avec un sourire compassionnel, qu'ils ne savent pas tout de suite interpréter clairement. Routinier et sans gravité en apparence, mais le rictus chargé et le sourcil gauche enfoncé les font douter.

- Je ne vais pas y aller par quatre chemins
- Docteur ... que se passe-t-il?
- Le développement du cerveau arrive presque à son terme, et nous avons pu avoir les résultats des premières analyses de la cohérence cellulaire.
- Et?
- Nous avons détecté la réminiscence d'un gène au niveau de la portion dorsale du diencéphale. Nous avions réussi à éliminer ce gène dans les années 2100, et même si les variations restent très rares, elles peuvent arriver.
- Mais quel est l'impact?
- C'est au niveau du circuit neuronal habénulaire...
- Mais... je...
- Écoutez, d'après nos analyses, votre enfant a 97.3% de chances d'être ce qu'on appelait aux siècles passés «un gros feignant»
- Mais... c'est horrible!
- Écoutez, ne vous inquiétez pas, vous êtes dans 37ème semaine, nous avons encore du temps devant nous pour intervenir... malheureusement pour la prochaine fois il nous faudra probablement procéder à une sélection des embryons in-vitro pour éviter que cela ne se reproduise étant donné le terrain génétique.

Loss of habenular Prkar2a reduces hedonic eating and increases exercise motivation

On attend la maman

Vendredi j'ai pris un coup.

La copine de classe venait dormir à la maison. Les deux parents à la sortie, avec le sac de change et le pyjama. J'étais à l'heure au portail, même pas en sueur. En jogging baskets par contre.

On se rapproche avec les parents, on se salue en mode bal masqué. Ils m'interpellent:

- Ah, mais elle vient après [la maman]?
- Elle finit dans une demie-heure, mais pas de soucis soyez tranquilles, tout est géré!
- Hmm. On peut attendre...
- Ah mais pas besoin vraiment
- Si si, y'a un banc là tiens! On va attendre...

Bon.

Ils ont attendu. La maman est venue, et ils ont pu laisser leur fille.

C'est quoi? Que je ne suis pas capable de gérer 3 enfants au lieu 2? Que les pères sont inutiles? Que je vais lui toucher le zizi?

Ils ont probablement des milliers de raisons de se sentir rassurés si c'est la maman qui emmène la copine, mais putain ça fait bien chier quand tu te le prends en pleine face. En Espagne je trouve que les rôles sont très marqués à la maison. Madame ne sait pas quelle compagnie fournit l'électricité, et monsieur ne met pas les pieds sur le groupe WhatsApp des parents de l'école. D'ailleurs ça me gave quand les mamans commencent leur message par un «Hola chicas!»...

Et en fait, j'en suis conscient, ça n'est rien, mais vraiment vraiment rien, à côté des moultes discriminations systémiques que subissent ceux qui ne sont pas des mâles blancs cisgenres hétérosexuels trentenaires comme moi.

L'injustice

- Papa, c'est injuste que Julia aie plus d'écran que moi, et qu'elle aille dormir plus tard
- ...hmm, mais pas vraiment, elle a trois ans de plus que toi. Tu sais il faut pas confondre «égal» et «juste»
- Oui mais là c'est ni juste ni égal! Et puis toi de toutes façons tu peux pas comprendre t'étais le grand!

L'égalité et l'équité c'est vraiment délicat à gérer.

La grande a besoin de se sentir valorisée, et en allant au lit plus tard, ça lui permet de passer du temps avec les grands.

Mais pour le petit, tous les moments d'attention qu'il a en plus de sa sœur, c'est juste normal. Il voit pas bien comment le fait que je lui coupe sa viande équivaut à du temps de tablette en moins. Moi non plus d'ailleurs en fait.

Je me suis dit que j'allais tester d'ajouter une dimension: chaque privilège allait être accompagné d'une responsabilité. C'est un peu ce qui se passe à l’extrême avec les adultes: On a beaucoup de liberté comparé aux enfants, mais on a aussi gavé de responsabilités.

Ça sera sûrement plus facile d'expliquer qu'il y a des avantages à être petit. Moins de temps de temps d'écran d'accord, mais aussi moins de linge à étendre.

Car la vraie injustice à combattre elle est là: quand on est petit on aimerait bien être grand. Et quand on devient grand, on aimerait bien redevenir petit, mais c'est pas possible.

Google Président!

Souvent j'entends «qu'est-ce qui se passerait si des gouvernements mal intentionnés mettaient la main sur les technologies des GAFAM?».

J'ai bien l'impression que c'est l'inverse qui va se passer, et assez rapidement.

Les gouvernements n'arrivent même pas à en faire des contribuables, pourtant un des principes d'autorité basiques pour un État!

Une entreprise comme Google a accumulé tellement de données sur le monde et les gens, et tellement de puissance de calcul, qu'au final elle pourrait très bien être l'entité la mieux équipée pour prendre des décisions qui contenteraient un maximum de gens.

Ça ne serait pas si dingue à mettre en place. Il suffirait qu'un exécutif de l'entreprise présente un parti, où c'est lui qui signe, mais toutes ses décisions sont prises par du machine learning, publiées avec des data reports officiels. Les algorithmes et les vecteurs appris pourraient être publiés en open source, et régulièrement les variables à maximiser pourraient être soumises au vote, par région, ou par tranche d'âge!

On pourrait même envisager des gens qui choisiraient de mettre leurs données accessibles publiquement pour qu'il puisse y avoir des contrôles d'intégrité des résultats vis à vis des données d'entrées.

Bon la transparence serait partielle, car aucune entité n'aurait autant de puissance pour analyser l'intégrité de leurs données absorbées et compilées. La perte de souveraineté ne serait pas peut-être pas si facilement acceptée. Donc à un moment donné pour assurer la survie de la structure face à la pression, on peut se demander si les élections du comité de direction de Google ne pourraient pas être soumises au vote des citoyens?

On obtiendrait de facto une entité dotée d'une technologie capable de maximiser des variables, qui alimente et perfectionne ses modèles en permanence. Et dont le comité de direction est élu par le peuple. Et est-ce qu'en deux temps trois mouvements on aurait pas substitué le vieux machin inefficace tout pourri par un autre tout moderne, super efficace et qui lave plus blanc que blanc? À l'échelle de la planète, en prenant Google comme exemple on était pas loin du gouvernement mondial universel, dommage qu'il soit si faible en Asie (ndlr; pas cons les Chinois).

Mais quels seraient les principes de son autorité? Désolé j'y connais rien en théorie des États donc je suis pas sûr du vocabulaire. C'est quoi c'est Nietzsche c'est ça? John Rawls? haha celui-là je l'ai Googlé. Bref, je veux dire qu'est-ce qui nous contraindrait à être des «citoyens de Google» et disons, à lui obéir?

C'est là que ça devient fun. Hier soir j'ai maté The Social Dilemma, et j'adore les réflexions de Yuva Noah Harari sur le libre arbitre, et une fois de plus la petite voix a eu envie d'écrire un article de blog.

Et bien en fait, on aurait pas vraiment besoin d'y être contraints. On serait pour, tout simplement.

Ce qui est dingue c'est qu'on a déjà tout sous le nez. Aujourd'hui c'est déjà le plus banal du monde d'en faire partie, leurs produits sont bien faits et super pratiques.

On transmet nos données biométriques à Google Fit, parce qu'on veut pouvoir afficher des petits graphiques à propos de notre corps.

On s'informe de ce qui se passe dans le monde sur Google News, qui analyse le temps qu'on passe sur les articles, et chaque petit battement de cœur et chaque clic expriment nos désirs.

Quand on se pose une question, on recherche l'information avec Google Search. La bonne réponse à la question est toujours sur la première page, on le sait. On peut même savoir où et quand telle photo a été prise avec Google Lens.

On se guide avec Google Maps, c'est toujours le plus efficace, pourquoi chercher des chemins alternatifs quand on veut juste se rende à la destination au plus vite.

On installe une micro-enceinte Google Home chez nous qui est capable de réagir à des mots clés. Ça craint, mais avoue c'est plus pratique pour baisser les rideaux et écouter un résumé de ce qui est prévu pour la journée pendant que le café chauffe.

On communique professionnellement et on accumule des confirmations de création de compte et de commande d'achat en ligne avec Google Mail. On écrit les spécifications et les résumés des projets de nos entreprises dans Google Docs.

On renseigne plein de métadonnées sur nos déplacements et activités en gérant notre temps sur Google Agenda. Nos habitudes de consommation sont tracées avec Google Pay.

Il n'y a pas de meilleure technologie de recherche de souvenirs que Google Photos quand on y stocke tous nos clichés. Et la reconnaissance faciale permet de se remémorer les bons moments du passé avec un ami en particulier.

On leur confie l'équipement informatique de nos écoles avec Google Classroom, où les élèves s'expriment et publient leurs productions. Le lien avec les enseignants est virtualisé et les comportements/émotions des élèves sont analysés.

On regarde des contenus vidéos avec Google Youtube. On est invité à consommer ce qui nous plaît le plus via des publicités, ce qui nous intéresse le plus via des documentaires, ce qui nous amuse le plus via des contenus de divertissement.

Chaque élément pris séparement est insignifiant.

Mais le libre arbitre c'est un peu cette petite voix qui nous parle. À la manière de l'intuition, le libre arbitre résulte de tous les stimuli et émotions accumulés. Quand on énumère les conquêtes de Google dans nos vies en prenant cet angle de vue, on peut légitimement se poser la question de si on n'a pas déjà commencé à lui déléguer notre libre arbitre.

Et cela ne veut pas spécialement dire que ce soit bien ou mal, mais pour servir mon propos, ça veut surtout dire qu'il n'y aura probablement pas besoin de contrainte.

Google a déjà un grand nombre de pièces en place pour mettre en place une structure gouvernante qui maximise le bonheur individuel. Nous ne pouvons que préférer un monde où la dopamine est maximisée, puisque c'est justement cette substance qui fait comprendre à notre cerveau que c'est bon, qu'on a compris, et qu'on est orienté vers la bonne direction.

La magie opère déjà, la grande majorité des utilisateurs de Google n'a absolument aucune envie de se priver des services rendus, tout en ayant conscience du problème et des enjeux! Déjà les alternatives n'existent pas toujours, mais en plus il y a un côté presque réconfortant à se dire qu'ils sont surpuissants, notamment parce qu'ils ont les meilleurs ingénieurs informatique. Est-ce que c'est notre instinct de survie qui nous fait préférer la sécurité à la liberté? Peu importe si certains y voient du mal, au final si ça m'apporte ce que je veux et que j'en suis satisfait pourquoi vouloir m'en débarrasser?

C'est là, c'est déjà en train de se mettre en place, ne serait-ce que via des suggestions de contenu, Google a déjà le pouvoir d'influencer le monde, voire même de changer la société, sans pointer de canon. Ça ne fait que 10 ans que les smartphones sont populaires...

Je le dis souvent et je me répète, mais quand on écrira l'histoire du monde du futur, ce qu'on vit maintenant sera dans les premiers chapitres.

Regardez ce qu'on trouve sur Indiegogo:

Hapbee («Happy») is the first wearable that lets you feel calm, alert, focused or sleepy on command., Oct 2020
Hapbee («Happy») is the first wearable that lets you feel calm, alert, focused or sleepy on command.


Les casques qui contrôlent le sommeil et les émotions existent déjà. Alors qu'on connaît que dalle au cerveau! Va pas falloir des lustres pour stimuler des émotions qui feront secréter dopamine, endorphine, sérotonine et ocytocine sur demande. Et là plus besoin de se prendre la tête pour trouver le bonheur, on l'aura sur nous.

Bien sûr il faudrait qu'on soit rémunéré pour pouvoir vivre et payer l'électricité, mais le salaire universel pourrait s'avérer suffisant pour se loger dans une capsule et s'alimenter de repas sous forme de milkshake. Mastiquer en portant un casque qui balance des stimuli spéciaux transformerait la texture en jouissance gustative.

Les jeunes générations, en majorité sur la planète, ayant voté plusieurs années consécutives en faveur des variables écologiques, auraient poussé les algorithmes à faire perdre graduellement l'envie aux gens de sortir de chez eux. La sélection des contenus de divertissement et le réalisme des simulations multisensorielles auront été très efficaces pour faire basculer les esprits. Les pandémies, les incendies et les explosions des sites nucléaires avaient rendu les sorties très délicates et désagréables de toutes façons. Les données de mesure sur les ressources mondiales de Coltan ont poussé les algorithmes à diminuer les naissances sur la 3ème tranche d'âge, notamment pour garantir l'accès à Google Brain pour tous. Cette fois cela n'aura pris que 8 ans pour les baisser de 30%.

Google est officiellement président de l'humanité depuis plus de 21 ans, et connecte désormais 14 milliards de cerveaux, soit près de 73% des individus de la planète. Plus personne n'imagine un gouvernement basé sur l'émotionnel et sans intelligence artificielle. On a pu enfin voir les écosystèmes se régénérer, la biodiversité a retrouvé des niveaux semblables à ce qu'on avait dans les années 2040. Il semblerait que l'humanité soit enfin sauvée.

Un impôt sur le bruit?

Mon quartier n'est pas très bruyant, et je n'ai pas de rue à gros trafic autour de chez moi. Mais pendant le confinement, c'était juste génial! On entendait les oiseaux et le bruit du vent. Parfois, une moto résonnait au loin.

Depuis, je n'arrive pas à laisser passer, dès que j'entends du bruit j'ai la même réaction: «Putain ils font chier sérieux».

Bien souvent, c'est une seule personne sur un scooter de merde. Le trajet de cette unique personne peut déranger des centaines de personnes dans des centaines d'appartements sur son trajet.

Régulièrement, ce sont des travaux, des marteaux piqueurs, des camions qui chargent et déchargent. Des bus qui démarrent en trombe. Y'a un certain bruit de fond avec la circulation des bagnoles.

La nuit des fois c'est juste un connnard en skate, avec les roues qui résonnent sur le goudron rugueux. Les camions poubelles foutent pas mal de bordel aussi.

Y'a pire évidemment, ça nous empêche pas de dormir la fenêtre ouverte, mais quand je vois des images des villes du XIXe siècle, avec les usines et les fumées de charbon en plein centre, je me dis qu'on a fait de sacré progrès niveau confort et santé. Et qu'un jour, on pourra éventuellement avoir le même regard sur le bordel qu'il y avait dans nos villes début XXIe.

Combien de temps nous faudra-t-il pour installer le silence dans les villes?

On pourrait pas faire une taxe sur le bruit?

Des vignettes pour les véhicules en fonction du niveau sonore. Des controles audiomètriques ça doit pas bien être trop compliqué, je suis sûr qu'une application mobile serait assez précise. Pour les scooters, c'est vite vu. Et pour les voitures, même si c'est probablement le bruit du frottement sur la route plus que les moteurs, on arrive assez facilement à sentir qu'avec le tout-électrique ça sera moins bruyant. Pour les travaux, une taxe pour chaque chantier en fonction du bruit prévu (ex. grues vs. marteau piqueur). Apparemment ça se fait déjà pour les avions qui passent au dessus des villes.

Ça pourrait financer des travaux d'isolation sonore ou des bus et des camions poubelles plus silencieux. Et surtout pendant ce temps, rha, on aurait la paix!

Elle a basculé

Y'avait une mère de l'école avec qui j'avais sympathisé via les groupes WhatsApp de parents. Elle m'avait écrit en direct parce qu'elle semblait partager les craintes que j'exposais sur les inégalités induites par l'enseignement via email et Zoom.

Quand je voyais le bordel que c'était, entre les communications de la direction de l'école, les rectifications des énoncés des exercices, des profs qui foutent tout le monde en copie mais qui ensuite ne sont pas foutus de faire un *Reply All* aux 2 parents, on était parfois pas loin de la vingtaine d'emails par jour. Je me demandais ce que ça pouvait donner dans les familles où il n'y a pas d'ordinateur, parfois même peut-être pas de smartphone, ou en tous cas pas un par enfant.

Bref, on avait eu l'occasion d'échanger un peu, d'être critique sur l'introduction des webcams de l'école dans la maison, des limites de la technologie, de la situation. Je la connaissais de vue, du judo je crois, toujours motivée et souriante. Je savais qu'elle était architecte parce qu'elle avait participé à des ateliers pour aménager la cour de l'école. Et aussi que son mari était allemand, d'ailleurs je m'étais fait la réflexion que les allemands ont toujours été super critiques sur ces sujets là.

Aujourd'hui, après avoir longuement débattu sur le groupe WhatsApp des parents de la classe du petit à propos du choix d'utiliser Google Classroom, je me disais que je reprendrai bien contact pour voir si y'avait eu des débats intéressants dans sa classe.

Et là, au travers de sa réponse brève, j'ai senti un peu de distance. « Google Classroom? Oui, dans tous les cas on devra être préparés pour faire des cours en ligne si on se reconfine. ». Bizarre, il y avait pourtant matière à discuter un peu. On parle de créer des comptes Google à des enfants de 7 ans quand même.

Le soir, en allant chercher les enfants à l'école, quelqu'un essayait de me saluer au loin. Je m'étais mis à l'écart, sans masque, à moitié sur mon vélo. Quel rebel! C'est vrai qu'il vaut mieux être agglutiné devant le portail avec un masque. Bande de cons.

Ce n'est qu'au bout de quelques secondes que j'ai compris que c'était elle. Le choc. J'ai ressenti un truc qui doit ressembler à ce qu'on ressent quand on revoit une copine d'enfance qui se pointe avec le niqab. J'ai compris qu'elle avait basculé. Elle avait visière et masque FFP-mescouilles. Elle sortait tout droit du film Alerte!.

Elle s'était faite endoctrinée. Elle était perdue. Elle ne lutterait plus.

Son monde n'était plus le même. Et quand les mondes se séparent, les concepts se dissocient, le référentiel commun nécessaire à la circulation des idées s'effondre. Parler ne sert plus à rien.

masque + visiere, Sep 2020
masque + visiere, aperçu du specimen, 2020

2019 l'année de la teuf. 2020 l'année du rien.

2019 ça a été une grosse année. J'ai essayé de me souvenir des concerts auxquels je suis allé, la liste est pas dégueu!

  • Todd Terje (SoundEat, Barcelona)
  • Charlotte de Witte, Hunee (Apolo, Barcelona)
  • Kerri Chandler, Booka Shade (Brunch in-the City, Barcelona)
  • 2manyDJs (Moba, Barcelona)
  • Vitalic (Razzmataz, Barcelona)
  • Les Ogres de Barbak, Négresses Vertes (Sauv'terre, France)
  • Solomun, Kollectiv Strumstrasse (Offweek, Barcelona)
  • Parov Stellar, Seu Jorge, Marcelo D2, Michael Kiwanuka (Cruïlla, Barcelona)
  • Marco Carola, Paco Osuna (Brunch in-the Park, Barcelona)
  • Laurent Garnier (Brunch in-the Park, Barcelona)
  • Fisher (Brunch in-the Park, Barcelona)
  • Fatboy Slim, 2manyDjs (Brunch in-the Park, Barcelona)
  • Boris Brejcha, Ann Clue (Brunch in-the Park, Madrid)
  • Mr. Scruff (SoundEat, Barcelona)
  • L'Entourloop (Apolo, Barcelona)
  • Quantic (Apolo, Barcelona)
  • Étienne de Crecy (Bikini, Toulouse)

Et tout ça sans compter les inombrables teufs dont les noms des protagonistes m'échappent.

Et 2020... voilà:

  • John Digweed (30.01, Watergate, Berlin)
  • Funk D'void (16.07, Macarena, Barcelona)

Pourtant j'avais acheté quelques options qui font plaisir!

  • 2manyDJs (annulé)
  • Fat Freddy's Drop (annulé)
  • Caravan Palace (annulé)
  • Chemical Brothers (annulé)
  • Paul Kalkbrenner & Boris Brejcha (annulé)
  • Maceo Plex, Solomun, Tale of Us, Nina Kraviz, Black coffee, Boris Brejcha, Kalkbrenner, Amelie Lens (annulé)

Mise à jour de l'humanité

Disclaimer: J'ai écrit ce pavé un soir où j'étais en forme. Il s'agit plus d'un exercice cathartique qu'autre chose, et ce n'est pas dit que ce soit fait pour être lu. Je l'ai relu quand-même après avoir fait copier-coller. À froid c'est pas pareil, mais tantpis.

22h30, un mercredi soir.

On sent bien qu'on est à un tournant. L'invention d'Internet et du Web sera tout aussi puissante voire démentiellement plus que l'invention de l'écriture et de l'imprimerie. C'est une révolution, par définition (que j'irai pas vérifier maintenant pour pas perdre le fil et finir à glander sur le net), on ne peut pas la voir venir.

On sent bien tous les jours qu'on est sur une crête, soit l'humanité (l'espèce pas le journal) va vers une distopie, l'ordre, soit elle va vers le désordre, de l'anarchie et de l'entropie.

Je ne sais pas encore pourquoi j'écris. Pour aider les autres à me comprendre? Pour parler à mes enfants? Arrière petits enfants? Pour pouvoir dire «Je vous l'avais dit»? Pour alimenter les études du futur sur le complotisme? Pour vider ma tête?

Ça a repris hier soir. Au début du confinement c'était permanent. Je prenais des notes sur des feuilles volantes, je faisais des tas, je les perdais. J'avais réussi à la calmer, et puis là elle est revenue: la petite voix. Et ça connecte, et ça part en tirades, et ça s'énerve, et ça envoie tout péter, et ça cogite...

Hier soir c'était une connerie. Un pote envoie une vidéo d'un certain «Ernesto». Je ne connaissais pas ce jeune homme, au bout de 2 minutes j'hallucine grave et je cherche rapidement à savoir qui c'est avant de décider si je veux investir du temps dans ce qu'il a à dire. Rien. Un autre pote le connaissait:

- Il s’est acheté une baraque au milieu de la cambrousse, pour se mettre en autosuffisance, avec la thune de la revente de ses BTC
- c’est sûr que Ernesto, c’est du lourd… il fait du contenu provoc, et il a des propos limite, c’est un gros reac.
- Ça fait des années que je le follow, il a fait beaucoup de vidéos mais il a tout passé en privé car, à mon avis il a eu des problèmes
- Si je me rappelle il a fait le chaud sur youtube genre "je crains rien je dis tout moi", il s est mangé un proces, il a chialé, il a mendié. Magique

Mouais. J'ai cliqué un peu vers la fin au hasard, et là j'ai tout de suite su que j'étais sur du très lourd. Mais j'ai pas mesuré l'ampleur tout de suite. Ça a été surtout en reprenant le visionnage quelques heures plus tard dans la soirée avec quelques verres de pif dans le cornet. Le choc. Ça a réveillé la petite voix.

Bon, c'est pas que ce soit révolutionnaire. Ce qui raconte c'est plus ou moins le scénario de Matrix. C'est mega trash. C'est mysogine, transphobe, homophobe, et j'en passe. C'est difficile de faire plus politiquement incorrect. C'est libre et c'est sale, au sens où Bégeaudeau l'entendait quand il décrivait les réactions de la bourgeoisie face aux gilets jaunes. Ça y est, ça connecte. Cette vidéo je l'ai vécue comme quelqu'un à l'intérieur de Globalia, qui venait de recevoir une vidéo enregistrée dans les «non zones». J'ai fait une copie avec youtube-dl, mais je ne sais pas vraiment quoi en faire.

Globalia. Fascinant de connecter avec ce livre qui m'a tant marqué. Je ne pensais pas que la réalité rattraperait ce chef d'oeuvre si vite...

Papa: 20 Aout 2020

- tu sais je pense que là on s'apprete à passer quelques années bien bien obscures...
Il y a des vieux démons dictatoriaux qui planent ....
- Et la dictature ça va surtout être la dictature du numérique
Dictature du propre, du masque, des gants, de l'écran, des pilules de vitamine D, de la prévision, du zéro risque, de l'auto censure, du normal...
C'était de la science fiction, aller en vacances sur la Lune, conquérir Mars, mais c'était pas censé être un manuel

Et même si évidemment je ne me sens pas entièrement convaincu par ce que j'entends dans la vidéo d'Ernesto, il y a quand-même quelquechose de gros qui raisonne avec ce qui me turlupinait depuis un moment: l'échelle de l'espèce. Dernièrement, j'ai lu les bouquins de l'Israelien là (je alt-tab pas sinon c'est mort), Sapiens, Homo Deus, et 21 questions pour le 21ème siècle. Et j'avais particulièrement adoré justement le prisme de l'espèce, Homo Sapiens, pour capter ce qui se passe dans notre société. On sait bien que la Terre nous survivra.

«Attends, la Terra elle a 4 milliards d'années, l'autre il est là depuis avant hier il croit qu'il va la sauver.», Dieudonné - Foxtrot.

Pour tenter de résumer l'idée d'Ernesto, il explique du point de vue de l'espèce, tout va bien. On est de plus en plus nombreux et l'espèce continue d'évoluer. Il connecte des tas de choses de l'actualité pour appuyer son idée que l'humanité se dirige vers une fourmilière.

Dans Homo Deus, Yuri machin là, il présente l'idée de la disparition du libre arbitre. La peur de la liberté. Et pourquoi chercher le bonheur quand on peut le fabriquer?

L'humanité participe à l'écosystème Terre. L'écosystème nous régulera, même si c'est via une extincion massive et globale, et ce ne sera qu'un épisode. Mais est-ce que ce qu'on vit en ce moment avec la Covid améliore ou empire notre cohésion avec notre environnement?

La révolution nous pousse vers un nouveau monde, où celui qu'on a connu, en tous cas à mon échelle, sera obsolète. Avec quelle morale jugera-t-on l'ancien monde?

Un pote sur Whatsapp:
Là ce qui me saoule c'est leur connerie de quarantaine chaque semaine y a de moins en moins de destinations de vacances possible

Si on reste enfermés chez nous nourris avec des pillules et comblés émotionnellement à base de drogues, il y a de grandes chances qu'on puisse contrôler la crise climatique. Donc, est-ce qu'on se dirige vers une fourmilière à la Matrix où la disparition lente de notre libre arbritre nous permettra d'être en phase avec l'éco-système? Ou une énorme crise avec une violence inouïe, à la Mister Robot, L'Effondrement, ou tous les épisodes de Black Mirror mélangés? Ou bien une sorte d'humanité mûre et assagie en phase avec les écosystèmes à la Gunter Pauli?

C'est impossible à savoir. Mais vraiment ce qui est stimulant intellectuellement c'est de lier les faits du quotidien avec le nouveau monde. Des nouveaux mondes il peut y en avoir pleins, mais connecter avec ce qui résonne le plus avec tes propres croyances c'est excitant. Et comment même une petite news de merde est capable de te faire un putain de mindblown. Et quand t'as plein de trucs bout à bout, à force faut que ça sorte.

Dans l'ancien monde, on nous expliquait que les changements étaient impossibles.

Le dérèglement climatique? La destruction des éco-systèmes? L'effrondrement de la diversité? Il faudrait mettre en place des solutions, on les connait depuis longtemps mais c'est compliqué, le système est global, il faudrait faire des compromis, le système a tellement d'inertie, impossible de s'arrêter!

L'élevage intensif? Le gaspillage alimentaire? Les pommes qui viennent du Chili et les kiwis de Nouvelle-zélande? Nos slips fabriqués au Philippines? Notre tissu industriel national dépouillé? Nos entreprises publiques privatisées? Il faut obéir subvenir à la demande et respecter le libre échange, impossible de faire autrement!

L'éducation? La santé publique? Il faut obéir aux traités et on nous dit à la télé que la dette c'est mal. L'idée c'est plutôt de détériorer le plus possible le service publique pour que cela devienne une évidence d'aller dans le privé. L'évasion fiscale d'accord, mais les impôts font fuir les riches, et impossible que ça ruisselle sans eux!

La pollution? Des billets d'avion pour aller à une réunion de 2H? Le télétravail? On n'a pas le choix, pour diminuer il faudrait taxer, mais c'est déloyal!

Moins travailler pour passer du temps avec les enfants? Avoir un jardin? Se promener en forêt? Mais enfin regarde, on t'a fait un parc avec des arbres étiquetés de leur nom, ça te suffit pas?

La recherche publique? L'efficacité de la compétition? Le modèle lucratif des publications scientifiques? De toutes façons si y'a que les pauvres qui sont malades on va pas investir...

Les crises régulières? Le salaire universel? Une utopie!

Bref, là on voit bien qu'on a été capables de balayer toutes nos idées préconçues d'un revers de main en moins de 6 mois. Maintenant, quand les Greta vont se pointer à l'ONU, ça sera difficile de leur expliquer qu'un changement de cap n'est pas envisageable. On l'a bien fait pour lutter contre un virus qui tue moins que la grippe et dont l'age médian des morts est supérieur à l'espérance de vie moyenne, on peut bien le faire pour sauver l'humanité du désastre climatique!

Et si on nous demandait de nous confiner 6 mois par an pour échapper au réchauffement climatique? Et si on nous démontre scientifiquement que c'est le seul moyen qu'il y ait pas 5 degrés de plus dans 20 ans?

On peut se demander.

Comme disait Hubert Reeves, j'ai la sensation qu'on est encore loin de l'age de la sagesse. Qu'on est encore dans une sorte de fin d'adolescence, où tout le monde a l'air convaincu que ça va pas pouvoir continuer comme ça, mais que pfffffouuu, c'est compliqué de changer du jour au lendemain juste à base de volonté. Va bien falloir qu'on flippe, qu'on retourne vivre chez nos parents, avec une ou deux dents pétées, une bonne période de merde qui dure, et plusieurs grosses frayeurs avant de commencer à intégrer quelque chose de durable, qui pourrait ressembler à l'âge adulte.

Mais ce virus amène l'Humanité à un stade intéressant. Pour la première fois l'humanité toute entière a un ennemi commun, qui est neutre. On est unis contre des protéines, et pas une religion, une étnie, un courrant politique. Quand j'étais enfermé chez moi, je contemplais souvent l'idée que le tout le globe ou presque était dans la même situation que moi. Est-ce que ce serait pas finalement comme une première étape de prise de conscience de l'échelle des problèmes qu'on doit affronter? Nous, l'espèce. Et vu comment certains gouvernements ont vraiment fait de la merde, il n'est pas impossible qu'on décide, comme l'ONU après la 2ème guerre mondiale, de créer le gouvernement mondial de l'espèce humaine pour gérer le prochain épisode. Je pense que le continent asiatique aura une certaine crédibilité vu comment le reste du monde a fait de la merde.

Comme on m'a expliqué dans une formation pour mieux gérer les différences culturelles au taf, les cultures asiatiques ont tendance à mettre le collectif devant l'individu.

Pendant le confinement, je me suis retrouvé à faire des teufs virtuelles, de musique électronique, synchronisée au casque et videoconférences sur le côté pour kiffer les drops ensemble. J'ai pris mon pied, mais j'ai pris une bonne tarte aussi. Si on m'avait montré des images de moi faisant ça, j'aurais tout de suite ri et aurais crié à un deepfake sur une vidéo koréenne. D'ailleurs j'espère que tout est archivé dans le data center des reptiliens pour que mes arrières-petits enfants puissent voir que certains se sont vraiment éclatés pendant le 1er confinement de l'humanité. Vu le kif de l'expérience immersive avec juste un bon casque stéréo, je veux même pas imaginer en réalité virtuelle avec des mondes imaginaires et des plugins illusions sensorielles.

En sortant du confinement se retrouver c'était beau. D'un seul coup, on s'est rendu compte qu'avant, on valorisait surement pas ce qu'il fallait. Se retrouver à papoter sur la plage ou faire un tour en vélo avec des amis, c'est tout ce qui comptait. Est-ce que l'isolement pourrait nous rapprocher? D'ailleurs des études sociologiques menées par mes soins sur un échantillon d'au moins deux personnes qui ont des adolescents, la jeune génération avaient déjà commencé à numériser ses liens sociaux et ne s'est pas retrouvée démentiellement impactée. Un signe que ça y est, ils sont prêts pour le monde d'après.

D'ailleurs, je trouve ça fantastique que le virus que nous envoie l'écosystème tue surtout les vieux, et pas les bébés. Et j'ai eu plusieurs grossesses dans mon entourage ces derniers mois: rotation de l'humanité. Est-ce que quand on va commencer à expliquer à nos petits enfants ce qui nous manque dans le monde d'aujourd'hui, ça sera l'équivalent des histoires des chasseurs cueilleurs pendant la phase où la sédentarité devenait populaire, comme le dit Ernesto? Est-ce que cette jeunesse va amener l'humanité vers l'asservissement et le bonheur artificiel? Ou est-ce que cette jeunesse connectée va développer une conscience écologique, juste, se revolter et péter toute la croute de vieux qui gouverne le monde?

Est-ce que le gouvernement mondial pour gérer les problèmes de l'humanité doit être jeune?

Si les jeunes sont si connectés, seront-ils capables de s'émanciper s'ils le font à travers les plateformes des GAFAM? Vont-ils s'approprier le réseau? En reconstruire un? Ou vont-ils se contenter de penser que c'est sécurisé et protecteur de la vie privée juste parce qu'on leur a mis un petit cadenas en haut à gauche? La vie privée est-elle un problème de vieux cons, comme le disait JM Manach? Est-ce qu''un jour la jeunesse trouvera la force de briser la camisole numérique?

En ligne, nous sommes surveillés. Le Web est en train de tomber dans les mains de Google. La résistance est faible. Mozilla est sous perfusion et c'est Google qui paye. Ça me fout les boules quand je vois le Web de 2005 par rapport à celui de 2020. On avait vraiment bien commencé, les plateformes étaient nombreuses, et on avait des trucs fabuleux comme Miro, une plateforme de flux audio et video basée sur RSS et Bittorrent. Aujourd'hui, c'est Google, Netflix et Facebook et pas grand chose d'autre. Dans la rue, nous avons perdu notre visage. Les caméras ne nous enregistrent plus. Mais vu que nous sommes en ligne via notre téléphone, les caméras s'avèrent être juste superflues. En Espagne pendant le confinement les données des opérateurs ont été mise à profit pour détecter des patterns cheulous dans les parcours des gens. Google avait fait une page dédiée aussi pour montrer les tendances des déplacements de gens. Facile vu qu'il y a des milliards de gens avec des telephones Android dans leur poche.

Néanmoins, on voit que lorsqu'il y a un intérêt direct, les choses bougent vite et les messages circulent vite. Les gens ont commencé un peu à s'intéresser aux outils pour résister à tout ça. Pour pouvoir aller porter les chocolats de Pacques aux petits enfants, les grands-parents ont laissé le téléphone à la maison. Certains ont même été jusqu'à installer un VPN sur le téléphone, ou l'éteindre pour sortir du quartier. On avait déjà un peu vu ça avec l'indépendance de la Catalogne. D'un seul coup, ça devient un sujet de conversation, qui fait tourner la plateforme de messagerie? Et avec qui elle est de mèche? Est-ce que ça peut se réveiller? Peu nombreux sont ceux qui s'intéressent vraiment à la gouvernance des plateformes. Genre si tout le monde s'habitue à tout consulter sur Wikipedia, voire même à se contenter de l'abstract donné dans les résultats de Google, alors il devient extrèmement facile de réécrire l'histoire. 1984, le manuel de Georges Orwell pour 2020.

Le gros problème en vrai, c'est le réchauffement climatique.

On aura j'espère la possibilité de voir l'impact du confinement sur la pollution et donc sur l'environnement. Moi personnellement je l'ai vu sur la qualité de vie. Plus de bagnoles en ville, le silence, l'arrêt du tourisme... Finalement si se confiner la moitié de l'année a un impact positif et visible, est-ce qu'il nous sera imposé? Est-ce qu'on l'acceptera plus que cette fois-ci? Parce que là, pour celui de 2020, aucune preuve scientifique n'a été vraiment apportée sur l'efficacité d'un confinement pour diminuer les morts, au delas des aspects sociologiques et politiques.

Aujourd'hui je crois qu'un des soucis que j'ai c'est qu'on me demande de croire. Et ça me rend nerveux. Génération Y ou j'sais pas quoi. Je ne suis pas un croyant, je ne crois pas. Ce n'est pas que je crois que non. C'est que je ne crois pas. Montrez moi les chiffres! Expliquez moi! Démontrez moi par A+B que le virus tue plus que les trotinettes électriques, et j'arrête d'aller à des pool parties sans masque. Mais là en l'état, c'est facile d'être convaincu par l'idée que virus n'est pas plus dangereux que la grippe. Les personnes à risque? Montrez nous et aidez-nous à comprendre les chiffres de la létalité! Par tranche d'âge! Là on me demande de croire à une létalité extra-ordinaire du virus!

Le virus a tué, oui. Ça fait 20 ans que les hopitaux publiques se font dégommer leur budget, se font écraser par la paperasse, et sont gérés par des bureaucrates au lieu de medecins. Mais bien pris en charge par du personnel reposé et zen, dans des hopitaux bien dimensionnés, le virus n'a pas l'air si terrible que ça. Et là, on vient nous dire que c'est complètement irresponsable de la part des jeunes d'aller boire des coups en terrasse? Qui jugera les conséquences du libéralisme? Qui jugera la gestion catastrophique de la crise sanitaire? Les réprésentants du peuple ont menti, ont refusé de prendre des décisions parce qu'ils n'avaient pas toutes les informations nécessaires! Croyez-vous que les généraux de l'armée avaient 100% de l'info quand ils envoyaient des milliers d'hommes mourrir sur un front? Les réprésentants actuels sont des sombres merdes, qui flippent du jugement de l'Histoire et qui nous demandent d'assumer à leur place. Leurs choix ne sont pas basés sur des données scientifiques. Ce sont des choix politiques. C'est un choix politique d'enfermer les gens chez eux, au lieu de les laisser venir à l'hopital et de les traiter. C'est un choix politique que d'obliger les gens à mettre des masques. L'avantage c'est que là 'au moins ils nous emmerdent plus avec le voile.

Se promener dans la rue sans masque c'est affronter les regards de la police des balcons. Un système où c'est le peuple qui fait la police, c'est l'utopie de la dictature. Surtout que c'est vraiment très con, on te laisse pas rentrer dans un supermarché parce que tu as le nez en dehors du masque, alors qu'on devrait plutôt t'obliger à te mettre du gel sur les mains et à garder tes distances! La connerie du masque c'est que c'est tellement reulou et chiant qu'on a l'impression de faire le maximum. Avec le masque, on zappe les gestes barrière de base. Et voir ces abrutis faire la police du masque dans la rue, ça me donne envie de leur tousser dessus. Voir les gens infantilisés, obéir à un truc qui n'a pas de sens, obéir à des cartes colorées au journal télévisé sans questionner la source des donnees.

On nous explique que c'est une catastrophe, que les cas augmentent. Y'en a pas un seul qui parle des hospitalisations, ou donne des données qualifiées claires, comparant avec la mortalité d'autres infections, ou même un suivi de la charge des hopitaux. Des points rouges et des courbes qui montent, ça fait bien flipper les masses, et la peur reste un des meilleurs moyens pour glisser de la quenelle au kilomètre. Et comme il n'y a pas de limite claire sur ce qu'on pourrait considérer une bonne situation, ils peuvent nous balader pendant un an de plus, en attendant de rendre le vaccin obligatoire. On applique les mêmes recettes que pour le terrorisme. On nous fait chier avec des conneries. Obliger à foutre un masque c'est probablement aussi utile qu'enlever ses chaussures à l'aéroport pour lutter contre le terrorisme. Évidemment, remettre en cause tout ça, c'est du complotisme. Sans parler de la chloroquine. Fantastique épisode que l'histoire jugera j'espère.

Bref, à la base, je voulais écrire sur le trip de connecter les détails du présent avec ma vision du nouveau monde, mais j'ai l'impression que ça devra se faire dans un autre article. Au moins là de vider tout ça sans trop réfléchir à la cohérence, ça aura au moins servi à faire taire la petite voix. Mission accomplie.

On a tous les ingrédients pour le monde d'après. La permaculture, l'économie bleue, le Web décentralisé, les logiciels libres, les blockchains, tout sauf...l'esprit critique. Cet ingrédient magique se cache-t-il dans la révolution de l'éducation dont nous ne pourrons pas nous passer?

Est-ce qu'on va vers un État mondial qui assure la sécurité, infantilise les masses, et offre une fausse liberté à ceux qui ne remettent pas en cause le système? Ou est-ce qu'on va vers l'anarchisme, le vrai, l'auto-gestion et la décentralisation, grâce aux savoirs et technologies émancipatrices que nous avons à disposition? Est-ce qu'on va vers un schisme, où les deux s'affrontent? Est-ce que la cassure n'aurait déjà pas eu lieu?

Dans tous les cas, quand on étudiera l'histoire du nouveau monde, je suis persuadé que 2020 sera dans le premier chapitre.

Relax Max et cool Raoul!

Grâce aux enfants je commence à accumuler quelques boutades de haute voltige en Catalan! Les équivalents des «Tranquille Émile!» et «À l'aise Blaise!» en gros. Je voulais les noter quelque-part, et il s'avère que mon blog est toujours accessible!

  • Adeú, Andreu!
  • Afluixa, maduixa!
  • Donde vas, barrabás
  • Endevina, mandarina!
  • Tu hallucinas, cartulinas!
  • És broma, poma!
  • És conya, cigonya!
  • Espabila, manila!
  • Frena, balena!
  • Tranquil, pernil!
  • Vas bé, cirerer!
  • Que te pasa, calabaza!
  • Que ha pasado, bacalao?

Et toi t'es pour ou contre?

On me pose souvent la question: «Mais toi t'en penses quoi de l'indépendance de la Catalogne? T'es pour ou contre?»

En fonction de qui la pose je n'ai pas toujours la même rhétorique. Et si c'est quelqu'un de très passionné pour un côté ou l'autre, je me fais un plaisir de défendre l'opposé. Mais quand je me sens décontracté, voici grosso modo ce que je réponds.

D'après moi, les cultures régionales sont essentielles dans un monde globalisé. Je pense que c'est nécessaire de se battre contre le rouleau compresseur de la monoculture fade et tiède et défendre le bordel passionnant des différences culturelles. Par contre, le nationalisme me répugne. Penser que l'on peut être supérieur à l'autre parce qu'on est né ici ou là, ça craint grave. L'indépendance de la Catalogne, c'est ajouter une nouvelle frontière dans le monde, là où moi j'aimerais plutôt me battre pour en enlever. «De ce côté là, c'est chez nous, de l'autre c'est chez vous. Ah, toi t'es né là bas? Dommage.» Tout ça avec en toile de fond, cette idée simpliste de merde qui consiste à croire qu'on se débarrasse des problèmes en restant entre semblables.

Mais en même temps, je comprends très bien que lorsque l'un se sent maltraité et que l'autre ne veut pas reconnaître la réalité; quand l'un fait des efforts et que l'autre y est insensible; quand l'un baisse les armes et que l'autre ne change rien; quand l'un parle de l'avenir ensemble et que l'autre est égocentrique; quand l'un est prêt à pardonner mais que l'autre ne reconnaît pas ses erreurs; quand l'un demande à l'autre de s’asseoir pour parler sortir de la crise et que l'autre répond avec de l'indifférence; quand l'un propose de faire appel à un médiateur externe et que l'autre ne veut pas; quand l'un réclame du respect et de la bienveillance et que l'autre ne se remet pas en question; quand l'un écrit une lettre qui appelle à la raison et que l'autre y est insensible... alors oui, c'est éventuellement possible de tenir quelques années, mais quand l'autre ne veut rien savoir et fait comme si de rien était, il arrive forcément un moment où la seule solution qui reste c'est le départ. Même si c'est une solution extrême qui soulève énormément d'inconnues, qui ne garantit en rien que ce sera mieux et qui a des conséquences qui vont au delà de celui qui la prend.

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A la mierda el nacionalismo

Dans l'ensemble, ce qui me dérange le plus dans le nationalisme, c'est ce sentiment de supérioté face aux autres populations.

Les nationalistes se mobilisent autour d'une idée qui se résume à «on est mieux que les autres». C'est assez puissant comme idée, ça marche super bien dans plein de domaines!

Quand ce sentiment se base sur choix, genre une équipe de foot, pourquoi pas, mais quand c'est juste basé sur le fait d'être né dans une région du monde ou d'avoir des origines ethniques particulières, putain ça devrait pas être bien compliqué de sentir que ça pue bordel.

Cacalogne: phénomène Whatsapp

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À Barcelone, le bureau de poste ferme à 21H30

Je dis ça, je dis rien...

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Je parle le catalan

Après quelques mois à Barcelone, je peux dire que je parle catalan. En fait c'est venu super rapidement, sans trop que j'y consacre des efforts colossaux. J'aurais pas trop su expliquer exactement comment c'est venu aussi vite jusqu'à ce que je vois cette conférence des TEDxToulouse, dont Julie m'avait parlé à l'époque:

Tout s'explique! Sans le savoir, j'ai suivi exactement les techniques qui sont détaillées par l'orateur:

  • ne pas avoir honte
  • ne pas être exigeant
  • ne pas cherchez ses mots
  • parler pour se faire comprendre
  • inventer en utilisant l'intuition
  • immiter la mélodie de la langue

Ce qui est assez drôle c'est que les enfants font comme ça aussi. Ma fille improvise et transforme en permanence les mots français et catalans, ou vice-versa. Et comme bien souvent ça marche, on ne le capte que lorsqu'elle se trompe :)

S'il y a bien une chose qui fait plaisir aux catalans, c'est qu'un étranger parle leur langue: les gens me traitent super bien dans le coup :) Mais en fait c'est pareil partout. Je me souviens qu'avec quelques mots d'Arabe, quand je demandais mon chemin au Moyen-Orient ou au Maghreb, on me répondait avec un grand sourire, en Indonésie avec 5 mots de Balinais les enfants jouaient avec moi, en Amérique du Sud j'étais traité vraiment différemment des américains qui saluaient en disant 'Hiiii', au Brésil pareil, en Allemagne la bouchère me filait toujours des ptits extras, en Angleterre je sortais mes trois mots de cockney et on se bidonnait!

Parlez ! Il suffit de connaitre seulement une dizaine de mots pour commencer à ressentir les effets :)

Cacalogne: Joseph Pujol, le Pétomane catalan

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À la fin du XIXe, un marseillais se produisait au Moulin Rouge, sous le nom original "Le Pétomane". Il pétait Au Clair de La Lune, éteignait les chandelles et jouait même de la trompette avec son fion :) Un succès considérable!

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Oui, mais voilà, il était d'origine catalane! Les catalans se sont empressés de l'ajouter à leur patrimoine scatologique! Allez donc voir l'article en Catalan sur Wikipedia, il fait 10 fois la taille de celui en Français, et a été étoilé pour sa qualité :)

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Quelques bases de prononciation du Catalan

On dit toujours que le Français est complexe... Mais le Catalan se défend :)

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Cacalogne: Tió de Nadal

Le deuxième élément scatologique de la culture catalane est bien sûr le tió de Nadal ! (pas l'oncle, la bûche, l'accent est sur le ó. Oui, je sais...).

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  • c'est une bûche décorrée du bêret catalan, sous une couverture, qu'on met dans le salon
  • issu de la mythologie catalane, il existe depus des siècles, et représente aussi la fertilité :)
  • à partir du jour de l'immaculée conception, le 8 décembre (férié d'ailleurs), on nourrit le tió tous les soirs.
  • le lendemain matin, il ne reste que des épluchures à ses pieds!
  • le jour de Noel, les enfants lui ordonnent de « chier » (en ces termes)

N'imaginez pas quelquoncque courtoisie, ils chantent ça, en le frappant de coups de bâtons:

Chie, bûche,
Chie torrons,
Noisettes et fromage,
Si tu ne chies pas bien,
Je vais te donner un coup de bâton.
Chie, bûche !

Quand la chanson est finie, on glisse la main sous la couverture, et oooooh il a fait caca une friandise (tourons, chocolats...) Normalement de petite taille... mais bon moi je l'ai déjà vu chier une bouteille de cava, le pauvre.

Et on recommence à chanter et frapper :)

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Notez le caractère relativement sadique de l'acte : frapper un pauvre petit animal au sol, qu'on nourrit depuis une vingtaine de jours, afin qu'il chie des bonbons! Les enfants hésitent toujours un peu au début, pauvre bête, mais comme tous les adultes encouragent en chantant, ils finissent par y aller fort! Et là, y'en a toujours un qui crie stooop, au moment où il se rappelle qu'en dessous y'avait un chouette bonhomme de neige en chocolat, et qu'il est probablement complètement explosé :)

Cacalogne: le caganer

Je commence une nouvelle série d'articles, avec pour objectif de mettre en lumière le caractère scatologique de la culture catalane :)

Le premier sera le plus célèbre: le caganer, une figurine de la crèche, incontournable en catalogne.

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  • prononcé "cagané", son nom veut dire "chieur"
  • il serait apparu au XVIIe siècle
  • il est placé en retrait dans la crèche, un peu caché
  • il porte le chapeau traditionnel catalan, la barretina
  • il a le froc en bas de pattes
  • il dépose un bronze énorme
  • sur les modèles un peu chers, il fait soit un sourire niais soit une vraie grimace digne d'une constipation épique
  • en fertilisant la terre, il symboliserait la prospérité
  • ... et aussi, les catalans sont scatos.

Dans les crèches grandeur nature, c'est un mannequin ! (dommage...)

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Et évidemment on retrouve tous les personnages célèbres sur tous les marchés de Noel de Barcelone :) Ou sur http://www.caganer.com pour ceux qui habitent loin...

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22 raisons de préférer l'allaitement

Un troll finalement assez récent dans l'histoire de l'humanité, mais plutôt difficile à mener IRL tant le choix relève d'une vision intime et personnelle... Et puis comme je n'ai absolument aucune légitimité pour aborder ce sujet sérieusement, écrire un billet de blog reste ce qu'il y a de plus approprié :)

Voici les raisons qui m'empêchent de comprendre les mères qui refusent d'allaiter :

  • Cela fait 220 millions d'années que les mères aillaitent, contre un tout petit siècle pour le lait en poudre
  • Le lait maternel est considéré comme la forme la plus saine du lait pour bébés source
  • En buvant le colostrum, le nouveau né s'immunise des germes auxquels la mère a été exposée
  • Les premières tétées déclenchent des contractions qui remettent l'uterus en place
  • Le bébé boit la quantité qui lui convient, ce qui limite les regurgitations
  • Le lait maternel est pur: pas de produits de synthèse ni d'huile de palme, ni toutes ces cochonneries issues de l'élevage intensif ou de l'industrie alimentaire
  • L'allaitement est écologique: pas pétrole, de transport, de transformations
  • Le lait maternel est gratuit
  • Le bébé allaité est beaucoup moins exposé aux allergies de toutes sortes
  • L'allaitement aide la mère à retrouver son poids d'avant grossesse en consommant les réserves accumulées
  • L'allaitement diminuerait les risques de cancer du sein et des ovaires pour la mère
  • L'aillaitement diminuerait les risques d'infections chez l'enfant (otites, rhino, ...)
  • En contact avec la peau, le bébé créé un lien affectif fort avec la mère
  • Le lait maternel est toujours à bonne température
  • Le gout du lait n'est pas toujours le même qui développe le goût de l'enfant
  • Les bébés allaités seraient moins exposés à l'obésité
  • Le lait maternel se digère plus facilement
  • La succion développe la machoire et améliore la constitution des dents
  • En allaitant, des hormones aident la mère à se rendormir
  • Pas d'exposition aux pertubateurs endocriniens des plastiques des tétines et biberons
  • L’Organisation mondiale de la Santé et l’UNICEF recommandent tous l'allaitement exclusif jusqu'à au moins 6 mois
  • Pas besoin de se trimballer du lait, ou de demander au barman de chauffer le biberon

Bon, comme je suis de bonne humeur, voici quelques inconvénients:

  • Il faut pouvoir, ça ne fonctionne pas toujours très bien dans nos vies accélérées
  • Il faut bien se reposer
  • Le père peut se sentir exclu
  • Cela peut être douloureux les premiers jours
  • Les mamelons peuvent prendre cher
  • Il faut s'isoler (pour les plus pudiques) pour nourrir l'enfant
  • Au début, il faut se réveiller plus souvent
  • Cela rend la mère accroc et le sevrage peut être difficile

...mais en comparaison des sacrifices qu'il faudra faire de toutes façons pour préparer un enfant à la société, c'est assez dérisoire :D ça ne dure vraiment pas longtemps!

Comme le Port-Salut !

Je suis fasciné par le nom d'un 4x4 : le Pajero.

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En Espagnol, la 2ème langue la plus parlée dans le monde, cela signifie littéralement Branleur. (Là-bas, il s'appelle Montero, évidemment...)

Comment les marketteux de Mitsubishi ont pu laisser un truc aussi énorme !? Soit disant en référence à un léopard de patagonie... Mais je les imagine bien dans le bureau en train de se marrer au moment où leur boss a posé son tampon [1] :)

En tous cas, c'est toujours un grand bonheur de croiser des pajeros en ville et sur l'autoroute !

Note

[1] Ça serait pas étonnant que ce soit la même équipe qui ait récidivé avec le Renault Koleos, qui veut dire vagin en grec :)

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