Je suis retourné aux Emirats. J'avais besoin de sortir et de distraire un peu mes pupilles. Pas déçu, même plan que la dernière fois, mais au lieu de se retrouver bloqués dans les montagnes en Oman, on est allés souffrir dans l'humidité de Dubai. Avec la voiture c'est excellent, on est allés voir un peu ce qui se passe dans l'arrière du décor.

Dubai était le seul émirat à ne pas avoir énormément de pétrole, un simple port sur la route des Indes. L'Emir en a fait une zone franche et un paradis pour le business et le développement. C'est aujourd'hui un concentré de mondialisation. On croise des gens de tous les continents qui ont chacun une place précise dans cet endroit irréel. Au milieu des gratte-ciels, les bateaux en partance vers l'Afrique, l'Inde et l'Asie sont chargés à bloc par de la main d'oeuvre bon marché. Les projets sont démentiels, inhumains, et on a très souvent l'impression de se retrouver devant des aquarelles d'architecte.

Là on comprend que le monde avance vite, très vite. Des centaines de tours en constructions, des avancées sur la mer, des milliers de grues qui tournent jour et nuit, des centaines de milliers d'ouvriers, des business centres, pouf pouf et ils font un métro... On est à des années-lumières de cette pauvre France qui perd son énergie à agiter des banderoles dans la rue. Je ne veux pas effrayer ceux qui rêveraient encore, mais aller je vous le dis...ce n'est pas José Bové qui sauvera le monde. Au mieux, il asservira certaines consciences trop passéistes. Notre vieille Europe est loin derrière, gardons notre énergie pour agir, cessons de vouloir renverser la machine avec des banderoles et des urnes, l'économie gouverne c'est ainsi ! (Hey Nico, je fais bien le donneur de leçons là ? héhé)

Nous avons dormi au Ritz-Plaza Hotel à Fujairah. Un pur délire. Au dernier étage, 3 clubs. Le premier, Russian Models, fait 30m2. Quatre chanteuses blondes en mini jupe dansent alignées et chantent des tubes arabisants en phonétique devant une rangée de bédouins sirotant de l'Heineken. Le deuxième "Bombay Superstar", est un peu plus grand. Au centre quatre indiennes à moustache font du playback dans un décor de bisounours devant une horde d'ouvriers ébahis et excités. Sympa. Le dernier, "Hottest Filipinos", le décor parfait pour un film de Tarantino : une colonie de chinoises y viennent exercer le plus vieux métier du monde. Sur la scène, 4 philippines font des chorégraphies sur des tubes de rap et de r'n'b. Il nous aura fallu plusieurs couplets pour reconnaitre Eminem et 50cents tellement leurs voix aigues explosaient le micro ! Inoubliable !