eau1.jpgJe viens écrire le dernier article d'une série que j'avais commencé il y a déjà un bon moment :

  1. L'Aquifère Guarani
  2. Surexploitation et pollution
  3. Présence militaire

Cette fois il s'agit de la privatisation des connaissances et des résultats des études de l'aquifère: En 1997, 4 universités publiques des 4 états avaient commencé un projet qui chiffrait les recherches à un total de 6 millions de dollars.

Le manque de collaboration et d'uniformisation de la gestion de l'eau entre les 4 pays (Argentine, Paraguay, Brésil, Uruguay) ont permis à la Banque Mondiale d'y placer ses propres intérêts avec le Projet de Protection Environnementale et Développement Durable du Système Aquifère Guarani, signé en 2003 à Montévideo, à travers le GEF (Fonds pour l'environnement mondial). Les États penchent vers celui-ci, l'organisme exécutif serait l'OEA (Organisation des États Américains) et le coût est évalué à 26 millions de dollars (au lieu de 6...).

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Les recherches, co-financé par l'AIEA, Geological Survey allemand, Banque des Eaux des Pays-Bas et de la Norvège, et axées sur 4 projets pilotes seulement, ont commencé en 2005 et se sont terminées fin Janvier 2009. Une dizaine d'entreprises canadiennes et nord-américaines ont réalisé des inventaires géologiques, géophysiques, hydrochimiques, isotopes, dans les zones Nord et Sud, ont analysé les volumes, réalisé des cartes (énergie géothermique, rivières, lacs, lagunes, cascades, voies de communications, ponts, ports, aéroports, industries et cultures). Une formule indique que les résultats des recherches sont "opinions de l'auteur" et que les organisations n'ont aucune responsabilité. Curieux pour des résultats scientifiques !

La Banque Mondiale s'est chargé de la supervision du projet et a annoncé que les 26 millions avaient servi à faire des estimations sur la suite. Le budget réel des recherches s'élèverait à 240 millions de dollars, en insistant sur la protection de la ressource mais sans limiter l'investissement privé. Il y aurait également 370 millions de dollars destinés aux universités privées et publiques.

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Comme d'habitude les organisations sociales n'ont pas été consultées pour le déroulement du projet, ils ont réussi à lutter contre la privatisation des ressources mais les risques augmentent au fur et à mesure que la terre qui est au-dessus passe dans les mains des multinationales étrangères[1]...

Notes

[1] Qu'on ne s'y méprenne pas, les plus grandes entreprises de l’industrie de l’eau sont européennes, et les françaises sont terribles (Suez, Veolia, Bolloré...)